Trois méthodes scientifiques, croisées pour donner un signal d'alerte simple. Expliquées sans jargon.
Hooper Index
Hooper & Mackinnon, Université du Queensland, 1995
Capture d'écran à venir
L'écran du check-in athlète (onglet Avant l'entraînement)
À quoi ça sert
Mesurer chaque jour, en 30 secondes, comment l'athlète encaisse l'entraînement. Avant que la fatigue chronique devienne blessure ou surentraînement.
Pour qui
L'athlète (qui se prend en main), l'entraîneur (qui adapte ses séances), le médecin du sport (qui suit l'évolution).
Dans l'onglet « Avant l'entraînement » de ton check-in, tu réponds à cinq questions :
Chaque réponse est ramenée sur une échelle 1 à 7 (en interne) puis additionnée. Score entre 5 et 35. Plus c'est bas, plus l'athlète tire la langue.
Note : le Hooper original (1995) utilise 4 composantes (sommeil, fatigue, stress, courbatures) pour un score 4-28. FeelBack étend à 5 composantes (5-35) en intégrant aussi l'humeur, signal complémentaire bien documenté dans la littérature récente.
À noter : ton check-in inclut aussi une question sur le niveau de confiance (« ⭐ Mon niveau de confiance est »). Elle est historisée pour ton suivi personnel, mais elle n'entre pas dans le calcul du Hooper composite.
hooper_flag_low = true) — signal explicite pour le coach.
Ces valeurs sont celles utilisées par le moteur de calcul de FeelBack. Pas d'invention, pas d'arrondi.
Exemple terrain (illustratif)
Imagine une gymnaste de 16 ans, Hooper habituellement autour de 28 toute la semaine. Un lundi matin, elle tombe à 17. Le coach voit le drapeau bas, remplace les sauts par du gainage, propose un échange. Trois jours plus tard, son Hooper remonte à 26. Sans cette mesure, elle aurait fait son entraînement habituel — avec peut-être une blessure à la clé.
sRPE — Session Rate of Perceived Exertion
Carl Foster, 2001
Capture d'écran à venir
L'écran de saisie post-séance avec RPE et durée
À quoi ça sert
Quantifier combien une séance a coûté à l'athlète. Sans GPS, sans cardio, sans capteur à 800 €.
Pour qui
Tous les coachs qui n'ont pas le budget d'une équipe pro. Et même ceux qui l'ont — parce que c'est ce qu'utilisent les staffs pros en complément du matos.
À la fin de la séance, l'athlète note la difficulté ressentie sur une échelle de 1 à 10. Voici les descriptions exactes qu'il voit dans son écran de saisie :
On multiplie par la durée en minutes pour obtenir la « charge de la séance » :
Ce nombre est ce qu'on appelle parfois des « UA » (Unités Arbitraires). Pas d'unité physique : c'est juste une valeur interne qui permet de comparer une séance à une autre, ou une semaine à une autre.
Une séance ressentie à 7 sur 60 min = charge de 420.
Une séance ressentie à 3 sur 90 min = charge de 270.
Ça mesure l'effort RÉEL, pas l'effort prévu. Si l'athlète a mal dormi et que sa séance facile lui a coûté cher, le sRPE le capte. Aucun GPS ne le ferait.
Exemple terrain
Le coach prévoit une séance "récupération active" à 3/10. Trois athlètes notent 3, deux notent 6. Les deux qui ont noté 6 sont déjà sur la pente raide — sans sRPE, le coach n'aurait jamais su.
ACWR — Acute:Chronic Workload Ratio
Tim Gabbett, 2016
Capture d'écran à venir
Le graphique d'évolution ACWR sur 28 jours (vue Trainer)
À quoi ça sert
Repérer le moment où l'athlète bascule en zone de risque de blessure. C'est l'indicateur de prévention le plus solide de la dernière décennie.
Pour qui
Les coachs et préparateurs physiques qui planifient des semaines de charge.
On compare deux périodes :
Tu n'as pas couru depuis un mois. Tu reprends en faisant 10 km lundi. Le mardi, tendinite. ACWR aurait dit "ratio à 5, danger absolu" avant que tu lances tes baskets.
Exemple terrain
Hugo, gymnaste, ACWR à 2,3 pendant trois jours d'affilée. L'entraîneur lève le pied 48 heures. Pas de pépin physique cette saison. L'an dernier, sans ACWR, Hugo s'est tordu une cheville dans la même configuration.
Score composite 0–100
L'agrégation des indicateurs en un seul signal lisible
Capture d'écran à venir
Le badge de tier et la recommandation sur la fiche athlète
À quoi ça sert
Donner au coach un seul chiffre et une seule couleur qui synthétisent l'état de risque global de l'athlète. Hooper + ACWR + sommeil + variabilité combinés. Pas besoin de jongler entre 4 graphiques.
Quatre risques partiels (chacun ramené sur 0-100), pondérés ainsi :
Le sommeil compte donc deux fois : une fois dans le Hooper (~8%) et une fois en direct (15%). Soit environ 23% du score total — c'est délibéré, c'est le facteur le plus prédictif d'après la littérature.
« Charge normale, continue sur cette voie »
« À surveiller — discussion 1-1 cette semaine recommandée »
« Risque modéré — alléger la charge, focus technique et récupération »
« Risque élevé — repos / récupération active. Si patterns > 14 jours, oriente vers un professionnel de santé. »
Ces seuils, ces couleurs et ces messages sont ceux que le coach voit littéralement sur la fiche de chaque athlète. Pas une démo, le vrai produit.
Pourquoi un score composite ?
Parce qu'un athlète peut avoir un Hooper correct mais un ACWR explosif (ou l'inverse). Un seul indicateur ne suffit pas. Le composite combine ce que la littérature considère comme les 4 piliers prédictifs de la blessure : état subjectif (Hooper), charge relative (ACWR), récupération (sommeil) et stabilité (variabilité).
Saw, Main & Gastin — La méta-analyse qui légitime tout le reste
Saw AE, Main LC, Gastin PB. British Journal of Sports Medicine, 2016
À quoi ça sert
Prouver scientifiquement que ce que l'athlète RESSENT (humeur, fatigue, qualité du sommeil, stress) est aussi fiable, et souvent plus sensible, qu'un cortisol salivaire ou qu'une variabilité de fréquence cardiaque pour détecter la fatigue et anticiper les blessures.
Pour qui
Tout entraîneur qui se demande : « ça vaut quoi un score subjectif comparé à un biomarqueur coûteux ? » Et tout sceptique qui pense qu'on doit forcément mesurer du sang pour avoir des certitudes.
Saw et ses collègues ont passé en revue 56 études cliniques publiées qui comparent, sur les mêles athlètes, des mesures subjectives (questionnaires bien-être, ressenti d'effort) et des mesures objectives (cortisol salivaire, fréquence cardiaque variabilité, créatine kinase, testostérone).
Verdict : les mesures subjectives sont systématiquement plus sensibles aux variations de charge d'entraînement que les marqueurs biologiques. Elles détectent les changements plus tôt, et plus fidèlement.
Cette méta-analyse valide toute notre approche. Poser quelques questions simples à l'athlète chaque jour, ce n'est pas une solution low-cost faute de mieux. C'est ce que la recherche montre comme étant la méthode la plus efficace, point. Les biomarqueurs sont chers, invasifs, et arrivent en retard. Le ressenti, lui, est gratuit, instantané et précis.
À retenir en une phrase
Tu n'as pas besoin d'un laboratoire pour bien suivre tes athlètes. Tu as besoin de leur demander, chaque jour, comment ils vont. C'est démontré.
⚠️ Ce que FeelBack n'est pas
FeelBack est un outil pédagogique de dialogue et de prévention. Ce n'est pas un dispositif médical, et il ne pose aucun diagnostic. En cas de souffrance avérée — physique ou mentale — un professionnel de santé reste l'interlocuteur principal. Nos indicateurs sont issus de la recherche en sciences du sport, pas de la médecine clinique.
Découvre comment FeelBack met ces méthodes en pratique au quotidien.
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